Fitness 101 : comment (re)partir de zéro au fitness
- Joana Senn

- 29 avr.
- 7 min de lecture
Tu as envie de (re)commencer le fitness, mais tu ne sais pas par où commencer ?
Plans compliqués, conseils contradictoires, programmes « miracle »… et au final, beaucoup de confusion.

Si je repartais complètement de zéro aujourd’hui, voici ce que je ferais. Pas une version parfaite, mais une version simple, réaliste, basée sur ce que la littérature recommande pour la plupart des adultes en bonne santé.
1. Bloquer 1 à 3 séances de fitness par semaine
La première étape ne concerne même pas les exercices, mais ton agenda.
Je bloquerais 1 à 3 créneaux par semaine pour aller en salle de fitness, comme de vrais rendez‑vous avec moi‑même.
Les recommandations de l’American College of Sports Medicine (ACSM) pour les débutants vont justement dans ce sens : 2 à 3 séances de renforcement par semaine, sur l’ensemble du corps.
L’idée n’est pas de tout bouleverser, mais de choisir un volume que tu peux tenir sur plusieurs mois, pas seulement deux semaines.
2. Suivre un plan simple, mais structuré
Une fois ces créneaux bloqués, l’essentiel est d’avoir un plan clair. Je ne chercherais pas le programme parfait, mais une structure que je peux répéter et faire progresser.
Concrètement, je choisirais :
5 à 6 exercices par séance
8 à 12 répétitions par série
2 à 4 séries par exercice
3. Quels exercices choisir ?
Pour repartir de zéro, je ne chercherais pas à « tout muscler » séparément, mais à couvrir les grands patterns de mouvement avec quelques bons exercices.
Concrètement, ce que je ferais, et ce que je fais personnellement, c’est :
Un exercice de poussée pour le haut du corps
Par exemple : développé épaules (overhead press, machine épaules) ou développé pour la poitrine (presse, développé couché, pompes).
Objectif : travailler principalement épaules, poitrine et triceps.
Un exercice de tirage pour le dos
Par exemple : tirage horizontal (row, rameur), tirage vertical (lat pulldown, traction assistée).
Objectif : solliciter le dos et les biceps avec un mouvement de tirage.
Un exercice de pattern squat
Par exemple : fentes, split squats, step‑ups, goblet squat.
Objectif : travailler l’ensemble des muscles des jambes dans un mouvement de type squat.
Un exercice de hip thrust
Variante : hip thrust à la barre ou sur machine, glute bridge, single-leg hip thrust.
Objectif : cibler fortement les fessiers en fin d’extension de hanche. Le hip thrust est un exercice très complet pour les jambes, avec un profil de charge différent du squat, ce qui permet souvent de les travailler intensément avec moins de fatigue globale et une meilleure récupération.
Un exercice de hinge (charnière de hanche)
Par exemple : soulevé de terre (chaque forme de deadlift), hip hinge avec haltères, 45° hip extension.
Objectif : charger la chaîne postérieure (ischios, fessiers, bas du dos) avec un mouvement de charnière de hanche.
Un exercice d’abduction de hanche
Par exemple : abduction à la machine, abductions avec bande élastique, side‑steps avec bande.
Objectif : cibler spécifiquement les muscles abducteurs de hanche (notamment le moyen fessier), qui jouent un rôle clé dans la stabilité du bassin et du genou. Des études montrent que la force des abducteurs de hanche contribue au contrôle de l’équilibre latéral, ce qui est important pour réduire le risque de chutes et de fractures de hanche, en particulier plus tard dans la vie. Ces muscles sont aussi essentiels dans la plupart des sports : ils stabilisent le bassin à chaque appui, améliorent le contrôle des genoux et participent à une mécanique de course plus efficace, tout en aidant à réduire le risque de blessures.
Avec cette structure, tu couvres les grands patterns de mouvement (pousser, tirer, squat, hinge) et les principaux rôles des fessiers (extension et abduction de hanche), en ligne avec les recommandations de renforcement qui mettent l’accent sur les exercices multi‑articulaires et les grands groupes musculaires.
Ce type de base profite autant à la performance sportive (meilleure stabilité, transfert de force, contrôle des appuis) qu’à la santé et à la longévité, en contribuant à maintenir la force, l’équilibre et la capacité à se déplacer de manière autonome au fil des années.
4. L’échauffement et le cooldown : mobilité et stretching
Je n’y passerais pas 1 heure, mais je ne le sauterais pas non plus.
En pratique :
Échauffement : entre 5 et 20 min de mobilité ciblée (hanches, épaules, colonne) et éventuellement un peu de cardio léger pour monter doucement en température.
Fin de séance : une courte session de stretching doux sur les zones que tu viens de travailler, plus pour le confort et la détente que pour la performance pure.
Si tu ne sais pas par où commencer, tu peux utiliser ma bibliothèque de vidéos follow‑along de mobilité et de souplesse : tu n’as qu’à lancer la vidéo et suivre les mouvements en temps réel, que ce soit pour t’échauffer avant ta séance ou pour un cooldown guidé à la fin.
5. Progresser : essayer d’augmenter un peu les poids ou les répétitions
Sur chaque exercice, j’essaierais de progresser d’une séance à l’autre.
Cela peut être :
un peu plus de poids avec le même nombre de répétitions
ou une ou deux répétitions de plus avec le même poids
Les recommandations ACSM suggèrent justement d’augmenter la charge d’environ 2 à 10% lorsque l’on peut faire 1 à 2 répétitions de plus que la cible prévue. L’idée n’est pas de monter les poids à chaque séance à tout prix, mais de garder une direction générale : faire un peu plus au fil des semaines, tant que ta technique reste bonne.
6. Garder tes autres activités (aérien, danse, marche, sports de combat, etc.)
Si tu fais déjà des entraînements aériens, de danse, de marche, de course ou un autre sport, tu n’as aucune raison de tout arrêter pour « faire seulement de la salle ». Tu peux les garder, en ajustant un peu l’intensité si nécessaire les jours de grosses charges en musculation.
Le renforcement vient compléter ces activités : il t’aide à améliorer tes performances, ta stabilité, ta résistance aux blessures et ton endurance dans ce que tu aimes déjà faire.
Un exemple de semaine équilibrée pourrait ressembler à ceci :
Lundi : entraînement de sport (aérien, danse, combat, etc.)
Mardi : renforcement en salle
Mercredi : repos ou marche/activité légère
Jeudi : entraînement de sport
Vendredi : renforcement en salle
Samedi : repos ou activité légère
Dimanche : repos

L’idée n’est pas de copier exactement ce schéma, mais de trouver un rythme où tu combines 2 séances de renforcement avec tes autres activités, tout en gardant au moins 1 à 2 (de préférence 2) vrais jours de récupération par semaine.
7. Rester globalement actif au quotidien
En dehors des séances, j’essaierais d’avoir un quotidien assez actif : marcher, monter des escaliers, bouger un peu plus.
Pas besoin d’atteindre un chiffre magique de pas, mais viser un niveau d’activité qui évite de passer 10 heures assis sans bouger. Les recommandations de santé publique vont toutes dans ce sens : limiter le temps sédentaire et intégrer plus de mouvement au quotidien, même en dehors du sport structuré.
8. Prioriser le sommeil : 7 à 9 heures par nuit
Je ferais de mon mieux pour viser entre 7 et 9 heures de sommeil par nuit, de manière régulière.
La littérature montre qu’un sommeil suffisant est associé à :
de meilleures performances physiques
une meilleure récupération musculaire
une meilleure gestion de l’appétit, de l’humeur et du stress
À l’inverse, accumuler des nuits trop courtes finit presque toujours par impacter l’énergie, la motivation et les progrès à l’entraînement, et est associé à un risque accru de blessures et de maladies
9. Une nutrition simple : protéines, fibres, moins d’ultra‑transformé
Côté nutrition, je resterais sur du simple et efficace.
Je viserais :
environ 2 g de protéines par kilo de poids de corps et par jour, répartis sur la journée
des repas riches en fibres (légumes, fruits, légumineuses, céréales complètes)
et je réduirais au maximum les snacks très gras, très sucrés et ultra‑transformés
Les méta‑analyses suggèrent que, pour les adultes qui pratiquent le renforcement, une consommation de protéines d’environ 1,6 à 2,2 g par kilo de poids corporel et par jour est suffisante pour maximiser les gains de masse musculaire et de force, sans bénéfice clair au‑delà pour la plupart des personnes.
L’idée n’est pas de manger parfaitement, mais de t’appuyer sur un cadre simple et réaliste, qui soutient tes objectifs tout en restant compatible avec ta vie sociale et ton quotidien.
10. Le principe le plus important : la constance, pas la perfection
Si je repartais de zéro, je garderais surtout cela en tête :
Ce n’est pas la séance parfaite qui fait la différence. Ce n’est pas non plus la semaine parfaite.
Ce qui compte, c’est la constance. Ce sont les mois, voire les années, où tu reviens, encore et encore, à un plan réaliste que tu peux réellement tenir dans ta vie de tous les jours.
Les recommandations actuelles insistent toutes sur la même chose : mieux vaut un programme simple, que tu peux tenir sur le long terme, plutôt qu’un plan théorique optimal que tu abandonnes au bout de deux semaines.
Ce que dit la science
Les recommandations de l’ACSM pour les adultes qui débutent ou reprennent le renforcement proposent 2 à 3 séances par semaine, 8 à 12 répétitions par série, sur les principaux groupes musculaires.
Les programmes de renforcement « full body » 2–3 fois par semaine sont largement utilisés et alignés avec ces recommandations pour les débutants.
Les apports protéiques autour de 2 g/kg/jour semblent suffisants pour maximiser les gains de masse musculaire et de force lorsqu’ils sont combinés à un entraînement de résistance.
La majorité des travaux sur le sommeil et la performance suggèrent qu’un sommeil de 7 à 9 heures par nuit est une base raisonnable pour soutenir récupération, performance et santé chez les adultes actifs.
Littérature et sources scientifiques
Les affirmations présentées dans cet article s’appuient sur les études et articles scientifiques suivants :
American College of Sports Medicine. American College of Sports Medicine position stand: progression models in resistance training for healthy adults. Med Sci Sports Exerc. 2009;41(3):687‑708.
Morton RW, Murphy KT, McKellar SR, et al. A systematic review, meta-analysis and meta-regression of the effect of protein supplementation on resistance training-induced gains in muscle mass and strength in healthy adults. Br J Sports Med. 2018;52(6):376‑384.
Potgieter S, et al. Correlation between physiological and biochemical variables during resistance training and recommended protein intake in athletes. Sci Rep. 2025;15:XXXX.
Fullagar HHK, Skorski S, Duffield R, et al. Sleep and athletic performance: the need for a multifaceted approach for optimal training and competition preparation in elite athletes. Sports Med. 2015;45(4):469‑480.
Watson AM. Sleep and athletic performance. Curr Sports Med Rep. 2017;16(6):413‑418.
Sherrington C, Fairhall N, Wallbank G, et al. Exercise for preventing falls in older people living in the community. Cochrane Database Syst Rev. 2019;1:CD012424.
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