TDAH & activité physique : comment le sport peut soutenir ton cerveau et ton quotidien
- Joana Senn

- 24 avr.
- 8 min de lecture
Le TDAH est souvent associé à des enfants qui s’agitent en classe. En réalité, il concerne aussi beaucoup d’adultes – y compris des personnes avec une carrière stable, une famille et un quotidien chargé. En parallèle, de nombreuses personnes concernées cherchent des moyens d’agir sur leurs symptômes en complément du traitement médical.
Dans cet article, je te montre ce que la recherche actuelle dit sur le TDAH et l’activité physique, où le sport peut vraiment aider – et où un suivi médical ou psychothérapeutique reste essentiel. Je ne suis pas psychiatre : je résume ici des études scientifiques et je les traduis en recommandations concrètes pour ton quotidien.
C’est quoi le TDAH, au juste – en bref
Le TDAH (trouble du déficit de l’attention avec ou sans hyperactivité) est un trouble neurodéveloppemental d’origine neurobiologique, caractérisé typiquement par trois groupes de symptômes :
Inattention (distractibilité, oublis, difficultés d’organisation)
Hyperactivité (agitation motrice, sentiment d’«être constamment poussé de l’intérieur»)
Impulsivité (actions précipitées, difficulté à contrôler ses impulsions)
Chez les adultes, le TDAH se manifeste souvent différemment : moins de «courir partout», plus d’agitation intérieure, de procrastination, de chaos au quotidien, de réactivité émotionnelle. Beaucoup de personnes concernées bénéficient de médicaments et/ou d’une psychothérapie – mais la recherche montre de plus en plus que l’activité physique peut aussi être un élément important.
Pourquoi l’activité physique peut agir sur le TDAH
Le TDAH est entre autres lié à des modifications dans les réseaux cérébraux responsables de l’attention, de la planification, de la motivation et du contrôle des impulsions – en particulier dans le système fronto-striatal, avec une activité dopaminergique et noradrénergique perturbée.
L’activité physique agit précisément sur ces systèmes : à court terme, elle augmente la disponibilité de neurotransmetteurs comme la dopamine et la noradrénaline, qui jouent un rôle central dans le TDAH. Elle améliore la circulation sanguine et l’activité dans les zones importantes pour les fonctions exécutives (cortex préfrontal, noyaux gris centraux). Et, à long terme, une activité régulière peut favoriser la plasticité du cerveau – c’est-à-dire sa capacité à s’adapter sur le plan fonctionnel.
En résumé : le mouvement agit comme un «booster neuronal» qui influence positivement de nombreux systèmes avec lesquels les personnes atteintes de TDAH composent au quotidien.
Effets aigus : ce qu’une seule séance peut déjà apporter
Plusieurs études ont examiné ce qui se passe après une seule séance de sport – typiquement après 20 à 30 minutes d’activité aérobie modérée.
Résultats issus d’études contrôlées en laboratoire :
Une méta-analyse de 2025 chez des adultes avec TDAH montre qu’un exercice aigu (par exemple 20 minutes de vélo) améliore déjà significativement le contrôle inhibiteur (SMD –0,65, p = 0,005). Les participant·e·s arrivaient mieux à freiner leurs impulsions dans des tâches de test.
Une étude randomisée chez des adultes avec TDAH a montré que même 10 minutes de vélo amélioraient l’impulsivité temporelle – d’autres symptômes comme l’attention réagissaient moins nettement.
Beaucoup de participant·e·s ont rapporté subjectivement plus de clarté, une meilleure humeur et moins d’agitation intérieure – au moins pendant quelques heures après la séance.
Autrement dit : une seule séance d’activité physique peut déjà aider à court terme à améliorer ta concentration et ton contrôle des impulsions – par exemple avant une phase de travail exigeante ou une réunion.
Effets à long terme : que se passe-t-il sur plusieurs semaines et mois ?
Cela devient vraiment intéressant avec les programmes qui durent plusieurs semaines – c’est là que l’effet d’une activité régulière apparaît le plus clairement.
Enfants et adolescent·e·s
Une méta-analyse d’essais randomisés (Cerrillo-Urbina et al., 2015) montre que l’entraînement aérobie chez les enfants avec TDAH avait des effets modérés à importants sur l’attention (SMD 0,84), l’hyperactivité (SMD 0,56), l’impulsivité (SMD 0,56) ainsi que sur les fonctions exécutives (SMD 0,58).
Une méta-analyse de Vysniauske et al. (2020) confirme un effet global modéré et positif sur les compétences motrices et les fonctions exécutives (g = 0,63), les interventions plus longues tendant à donner de meilleurs résultats.
Des travaux plus récents suggèrent que les formes d’activité cognitivement exigeantes (par exemple les sports de ballon, les arts martiaux) sont particulièrement efficaces pour les fonctions exécutives.
Adultes
La méta-analyse déjà citée sur le contrôle inhibiteur chez les adultes avec TDAH (Yang et al., 2025) montre que l’entraînement chronique sur plusieurs semaines avait des effets encore plus importants (SMD –1,77) que les séances isolées.
L’étude randomisée START (Axelsson Svedell et al., 2025) a testé un programme structuré de 12 semaines chez des adultes avec TDAH, en complément du traitement standard. Le groupe activité physique a montré des améliorations cliniquement pertinentes des symptômes du TDAH (différence ASRS de –6,98 points, taille d’effet 0,93) par rapport au groupe contrôle.
Une étude transversale menée auprès de 268 adultes (Tucker et al., 2025) a trouvé, au moins pour les symptômes d’inattention, une corrélation faiblement négative avec l’activité physique – un indice que ce domaine pourrait particulièrement bénéficier du mouvement.
L’activité physique est un complément au traitement standard du TDAH, pas un substitut.
Quel type de sport est pertinent ?
La recherche compare différentes formes d’activité physique. Il n’y a pas encore de «gagnant» clair, mais certaines tendances se dessinent :
L’entraînement aérobie (marche rapide, jogging, vélo, natation) est le plus étudié et montre des effets positifs cohérents sur l’attention, l’inhibition et l’humeur.
Les programmes combinés (endurance + force + mobilité) semblent particulièrement pertinents au quotidien chez les adultes, parce qu’ils soutiennent en même temps la santé, la composition corporelle et la résilience au stress – exactement le cadre de l’étude START.
Les formes d’activité physique avec défi cognitif et de coordination (danse, arts martiaux, sports d’équipe) pourraient en plus entraîner les fonctions exécutives – les preuves existent, mais restent limitées.
Les formes corps-esprit comme le Pilates ou le Tai Chi ont montré, dans la méta-analyse de Yang et al. (2025), des effets particulièrement marqués sur le contrôle inhibiteur – même si le nombre d’études reste petit.
En pratique : il n’est pas nécessaire de trouver le sport «parfait». L’important, c’est que tu transpires, que tu arrives à rester régulier·e – et que l’activité te stimule mentalement sans te dépasser.
Combien d’activité physique est pertinent ?
Il n’existe pas (encore) de recommandations spécifiques au TDAH, mais beaucoup d’études s’appuient sur les recommandations générales de l’OMS :
au moins 150 minutes d’activité aérobie modérée ou 75 minutes d’activité intense par semaine,
et au moins deux séances de renforcement musculaire pour les grands groupes musculaires.
Dans les études sur le TDAH chez l’adulte, on utilise par exemple : 2–3 séances par semaine, 30–45 minutes par séance, pendant 10–12 semaines. Cela correspond exactement au cadre de l’étude START, qui a montré des améliorations cliniquement pertinentes.
Même en dessous de cette dose, des effets aigus peuvent être perceptibles (par exemple 20 minutes de mouvement avant une tâche). Mais pour des changements durables, il faut de la régularité – un peu comme pour les médicaments : une seule fois vaut mieux que rien, mais l’effet vient de la répétition.
Passer à l’action : comment te mettre en mouvement avec un TDAH (ou un soupçon de TDAH)
Avec un TDAH, le pas du «savoir» au «faire» est souvent le plus difficile. Voici quelques stratégies qui ont fait leurs preuves dans les études et au quotidien en coaching :
Commencer petit : commence par 10–15 minutes de marche rapide ou de vélo – idéalement à un moment fixe de la journée.
Suivre un entraînement guidé plutôt que tout planifier soi-même : si démarrer te coûte, tu n’as pas à tout faire seul·e. Tu peux utiliser mes vidéos guidées dans la vidéothèque : tu appuies sur Play et tu suis – sans planification, sans réfléchir. Ainsi, «je devrais faire du sport» devient une séance claire et guidée, plus facile à réaliser même pour un cerveau TDAH.
Bouger avant les tâches difficiles : utilise 15–20 minutes d’activité physique comme un «échauffement pour le cerveau» avant de t’attaquer à des tâches demandant de la concentration (e-mails, travail de projet, tâches ménagères).
Des rituels plutôt que la volonté : associe l’activité physique à des routines existantes (par exemple, toujours 10 minutes de marche dehors juste après le café du matin).
Choisir une activité qui t’attire : choisis quelque chose qui te plaît ou qui t’intéresse – les personnes avec TDAH réagissent fortement à la récompense et à la dopamine.
Utiliser des rendez-vous sociaux ou réservés : donne-toi rendez-vous avec quelqu’un ou réserve des cours fixes – cela réduit la tentation d’annuler.
Comment The Body Snack peut t’accompagner
Je ne suis pas psychiatre et je ne remplace aucun traitement médical ou psychothérapeutique. Ce que je propose avec The Body Snack, c’est un cadre dans lequel tu peux traduire exactement ces résultats de la recherche dans ton quotidien :
des stratégies de mouvement individuelles, adaptées à ton niveau d’énergie, à ton emploi du temps et – si pertinent – à ton profil TDAH,
des séances courtes et guidées dans la vidéothèque sur thesnack.ch/body : des entraînements à suivre pas à pas qui te libèrent de la planification et facilitent énormément le démarrage,
du coaching en ligne, pour t’aider à ancrer l’activité physique comme une routine stable – et non comme un énième «je devrais…» sur ta to-do liste.
Un mélange régulier d’endurance, de force et de mobilité – exactement la combinaison qui a montré des effets cliniquement pertinents dans l’étude START.
Tu peux ainsi utiliser l’activité physique pour ce qu’elle est, selon les études : un élément efficace dans la boîte à outils TDAH – en complément de tout ce que tu abordes avec les spécialistes qui t’accompagnent.
Conclusion : le mouvement comme élément de la boîte à outils TDAH
Les données actuelles parlent un langage clair :
L’activité physique peut améliorer, dans le TDAH, l’attention, le contrôle inhibiteur, l’humeur et la qualité de vie – chez les enfants, les adolescent·e·s comme chez les adultes.
Les effets apparaissent aussi bien de manière aiguë après des séances ponctuelles que de manière durable avec un entraînement régulier.
Le sport ne remplace pas un diagnostic ni un traitement médicamenteux ou psychothérapeutique, mais il est un élément important, souvent sous-estimé, dans la gestion du TDAH.
Si tu as un TDAH – ou si tu te reconnais dans beaucoup de ces descriptions –, l’activité physique peut être un levier très concret pour rendre ton quotidien un peu plus léger. Tu n’as pas besoin d’être parfait·e pour ça. Plus que le «programme parfait», ce qui compte, c’est que tu te mettes en mouvement – pas à pas.
Si tu as envie d’essayer un cadre structuré, tu trouveras dans ma vidéothèque sur thesnack.ch/body des séances à suivre pas à pas, directement applicables – et dans le coaching en ligne un accompagnement individuel, pour que l’activité physique devienne enfin une vraie routine.
Bibliographie & Sources scientifiques
Les affirmations présentées dans cet article s'appuient sur les recherches scientifiques suivantes :
Yang, Y., Wu, C.-H., Sun, L., Zhang, T.-R., & Luo, J. (2025). The impact of physical activity on inhibitory control of adult ADHD: a systematic review and meta-analysis. Journal of Global Health, 15, 04025. (PMID: 40084538). https://pubmed.ncbi.nlm.nih.gov/40084538
Tucker, R., Williams, C., & Reed, P. (2025). Association of exercise and ADHD symptoms: Analysis within an adult general population sample. PLOS ONE, 20(2), e0314508. https://journals.plos.org/plosone/article?id=10.1371/journal.pone.0314508
Cerrillo-Urbina, A. J., García-Hermoso, A., Sánchez-López, M., Pardo-Guijarro, M. J., Santos Gómez, J. L., & Martínez-Vizcaíno, V. (2015). The effects of physical exercise in children with attention deficit hyperactivity disorder: a systematic review and meta-analysis of randomized control trials. Child: Care, Health and Development, 41(6), 779–788. https://onlinelibrary.wiley.com/doi/10.1111/cch.12255
Vysniauske, R., Verburgh, L., Oosterlaan, J., & Molendijk, M. L. (2020). The Effects of Physical Exercise on Functional Outcomes in the Treatment of ADHD: A Meta-Analysis. Journal of Attention Disorders, 24(5), 644–654. (PMID: 26861158). https://pubmed.ncbi.nlm.nih.gov/26861158
Axelsson Svedell, L., Arvidsson Lindvall, M., Lidström Holmqvist, K., Cao, Y., & Msghina, M. (2025). Physical exercise as add-on treatment in adults with ADHD – the START study: a randomized controlled trial. Frontiers in Psychiatry, 16, 1690216. (PMID: 41244864). https://pubmed.ncbi.nlm.nih.gov/41244864
Dinu, L. M., Singh, S. N., Baker, N. S., Georgescu, A. L., Singer, B. F., Overton, P. G., & Dommett, E. J. (2023). The Effects of Different Exercise Approaches on Attention Deficit Hyperactivity Disorder in Adults: A Randomised Controlled Trial. Behavioral Sciences, 13(2), 129. (PMID: 36829357). https://pubmed.ncbi.nlm.nih.gov/36829357
Li, D., Miao, C., Wang, D., & Li, C. (2025). Effect of physical activity interventions on executive functions in school-age children with ADHD: A meta-analysis of randomized controlled trials. Journal of Affective Disorders, 378, 175–190. https://pubmed.ncbi.nlm.nih.gov/40010649
Dastamooz, S., Sadeghi-Bahmani, D., Farahani, M. H. D., Wong, S. H. S., Yam, J. C. S., Tham, C. C. Y., & Sit, C. H. P. (2023). The efficacy of physical exercise interventions on mental health, cognitive function, and ADHD symptoms in children and adolescents with ADHD: an umbrella review. eClinicalMedicine, 65. https://www.thelancet.com/journals/eclinm/article/PIIS2589-5370(23)00314-0/fulltext
Mehren, A., Reichert, M., Coghill, D., Müller, H. H. O., Braun, N., & Philipsen, A. (2020). Physical exercise in attention deficit hyperactivity disorder – evidence and implications for the treatment of borderline personality disorder. Borderline Personality Disorder and Emotion Dysregulation, 7, 1. (PMID: 31921425). https://pmc.ncbi.nlm.nih.gov/articles/PMC6945516
The ADHD Evidence Project (2025). Seven New Meta-Analyses Suggest Wide Range of Benefits from Exercise for Persons with ADHD. https://www.adhdevidence.org/blog/seven-new-meta-analyses-suggest-wide-range-of-benefits-from-exercise-for-persons-with-adhd
National Comorbidity Guidelines (Australia). Physical activity interventions for ADHD. https://comorbidityguidelines.org.au/treating-adhd/treating-adhd/physical-activity
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