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La respiration dans l’entraînement : comment réguler ton corps avant, pendant et après une performance

Photo du rédacteur: Joana Senn
Joana Senn
9 juil.
5 min de lecture


On parle souvent de séries, de répétitions et de technique. Mais il existe un élément fondamental qu’on oublie étonnamment souvent dans le sport : la respiration. Elle joue un rôle déterminant dans ta capacité à rester focalisé avant une performance, à trouver ton rythme dans une chorégraphie plutôt que de « suffoquer », et à récupérer rapidement après l’effort.

Dans cet article, on s’intéresse à ce que la recherche, notamment les travaux d’Andrew Huberman et de Stanford, dit sur la respiration, et comment tu peux l’utiliser concrètement dans l’entraînement et lors de tes performances.


1. Pourquoi la respiration est au cœur du mouvement

La respiration est un levier direct sur ton système nerveux. Une respiration rapide et superficielle pousse le corps vers le mode « fight or flight », tandis qu’une respiration plus lente avec une expiration prolongée active le mode parasympathique — celui du calme et de la concentration. Sur le plan biomécanique, le diaphragme fait partie intégrante du mouvement et influence la stabilité ainsi que la posture.


2. Ralentir : transformer la nervosité avant une performance en concentration

Avant une performance, un exposé ou une compétition, le système nerveux s’emballe souvent : rythme cardiaque accéléré, pensées qui s’emballent, respiration courte. Les schémas respiratoires qui mettent l’accent sur l’expiration aident à retrouver le calm

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2.1. Le « soupir physiologique » (cyclic sigh)

Une étude de Stanford a comparé différentes techniques de respiration et montré que le soupir cyclique est l’une des méthodes les plus efficaces pour réduire le stress en temps réel. Cinq minutes par jour suffisent pour améliorer l’humeur et réduire la tension.

Comment pratiquer : inspire par le nez jusqu’à remplir les poumons, ajoute un court deuxième souffle, puis expire lentement et complètement par la bouche. Une à deux répétitions suffisent souvent à sentir un effet. Après deux à cinq minutes, le changement est nettement perceptible.


Moments clés dans le sport, en aérien ou avant une performance : les quelques minutes qui précèdent l’entrée, une pause pendant laquelle tu sens la pression monter, ou juste après une erreur pour revenir à toi. L’objectif n’est pas de tout calmer à fond, mais de passer de la panique à la concentration.


3. Accélérer : plus d’énergie avant des efforts courts et intenses

Le problème n’est pas toujours la nervosité, mais parfois la léthargie : trop de calme, un manque de peps, pas assez de drive. Là aussi, la respiration peut aider.


Des phases inspiratoires plus longues et plus intenses par rapport à l’expiration peuvent augmenter la fréquence cardiaque et le niveau d’activation. Un protocole de 30 à 60 secondes, trois à cinq respirations énergiques, peut améliorer la vigilance avant des actions explosives ou des sprints. L’objectiflest l’éveil, pas l’hyperventilation.


4. L’apnée dans le sport : quand bloquer la respiration aide, et quand cela te limite

Dans l’entraînement, on a tendance à bloquer automatiquement la respiration lors d’efforts intenses. Mais est-ce toujours une bonne idée


4.1. Quand bloquer la respiration est utile

De courtes pauses respiratoires (manœuvre de Valsalva) peuvent améliorer la stabilité du tronc lors de soulevés de force maximum ou en présence d’une tension statique élevée. En aérien, cela peut concerner un hold statique court, un drop puissant ou un lift intense.


4.2. Pourquoi l’apnée prolongée épuise ton endurance

Pour des séquences longues, des chorégraphies ou des efforts d’endurance, bloquer continuellement la respiration est contre-productif. Le CO₂ s’accumule, la sensation d’étouffement s’installe plus vite, le rythme cardiaque monte et les muscles se crispent. La capacité de décision et la qualité du mouvement en pâtissent.


Pour l’endurance, les séquences de flow et les performances longues, il est essentiel de maintenir un rythme respiratoire adapté au mouvement. Inspirer dans les phases plus calmes, expirer dans les phases de poussée ou d’effort. L’apnée reste un outil pour les pics de force courts, mais ne doit pas devenir un état permanent.


5. La respiration pendant l’entraînement : apprendre à respirer sous l’effort

Beaucoup de gens bloquent automatiquement leur souffle à la salle de sport ou lors de figures techniques difficiles. C’est compréhensible, mais cela limite les performances sur le long terme.


5.1. Ce que l’entraînement de force t’apprend

La musculation fonctionne comme un laboratoire : en pratiquant consciemment l’inspiration (phase excentrique) et l’expiration (phase concentrique), tu entraînes le contrôle sous charge. Tu remarques vite si tu « suffoques » lors des répétitions intenses ou si tu maintiens le contrôle. Dans les zones maximales, tu peux utiliser de courtes pauses respiratoires. Dans les zones sous-maximales, tu dois respirer consciemment. Plus tu l’entraînes en salle, plus la respiration devient fluide lors des performances.


5.2. Le fitness comme entraînement respiratoire

Un entraînement régulier améliore non seulement les muscles, mais aussi le système cardiovasculaire et la mécanique respiratoire. Le corps apprend à utiliser l’oxygène de manière plus économique, à mieux tolérer les variations de CO₂ et à récupérer plus vite après l’effort. Plus ta condition générale est bonne, plus tu as de « marge respiratoire » pour jouer avec ta respiration lors des performances.


6. Outils respiratoires concrets pour ton quotidien sportif

Voici quelques protocoles simples que tu peux tester immédiatement.


6.1. Avant une performance ou une compétition : ralentir

Assieds-toi ou reste debout, stable. Fais trois à dix soupirs physiologiques : inspire par le nez, ajoute un court deuxième souffle, puis expire lentement et complètement par la bouche. Enchaîne avec une à deux minutes de respiration nasale calme, avec une expiration légèrement plus longue que l’inspiration.


L’objectif est de faire descendre la nervosité et d’installer la concentration.


6.2. Dans les pauses ou après une erreur : reset

Fais un à trois soupirs physiologiques et reprends ensuite une respiration normale. C’est ton bouton reset, utile pour éviter de rentrer dans une spirale de stress.


6.3. Avant des mouvements courts et intenses : légèrement accélérer

Respire énergiquement pendant 20 à 40 secondes, deux à trois secondes à l’inspire, une à deux secondes à l’expire. Enchaîne ensuite avec ton mouvement. L’objectif est une légère activation, pas l’hyperventilation.


6.4. À l’entraînement : pratiquer consciemment la respiration

Choisis un ou deux exercices, comme des squats, des tractions ou des poussées, et décide d’un schéma respiratoire fixe. Respecte-le au fil de plusieurs séances. Plus la respiration devient automatique sous charge, plus tu pourras la contrôler lors des performances.


7. Ce que tu peux retenir de tout cela

La respiration est un outil actif de régulation, et non seulement une fonction automatique. Tu peux influencer ton état avant, pendant et après tes performances et séances d’entraînement en utilisant consciemment certains schémas respiratoires.


L’apnée reste un outil pertinent pour les actions courtes et puissantes. Pour l’endurance et le flow, c’est un rythme respiratoire régulier qui est décisif. L’entraînement de force et de condition physique crée la base pour pouvoir gérer tout cela sous l’effort.


Si tu veux intégrer tout cela dans ta pratique, tu peux incorporer ces outils progressivement dans ton programme personnel.



Littérature et sources

Le contenu de cet article s’appuie sur les travaux et ressources suivants :

  • Huberman A. How to Breathe Correctly for Optimal Health, Mood, Learning & Performance.

  • Huberman Lab Podcast und Newsletter, 2023 bis 2025

  • Spiegel D et al. Brief structured respiration practices enhance mood and reduce physiological arousal compared with mindfulness meditation. Cell Reports Medicine, 2023.

  • Stanford Medicine. Cyclic sighing tops other breathing methods for calming down.

  • Reviews und Übersichtsarbeiten zur Rolle von Atemtraining, Zwerchfellfunktion und Atemanhalten im Sport und in der Leistungsphysiologie

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